1, 2, 3 ... Equipe !

1, 2,3 … Equipe !

9ème journée organisée par l’association Serpsy

07 février 2014

Amphi Vallade, CH Montperrin, Aix-en-Provence (13)

Nef des fous

Argumentaire

 « On va en parler en équipe », « L’équipe pense que … », « C’est une décision d’équipe » En psychiatrie, il n’est pas de jour sans qu’une de ces phrases ne vienne opposer un collectif à la singularité d’une demande, d’une initiative, d’une subjectivité. La réalité qui apparaît dans les discours et dans les pratiques est mouvante. Le concept, auquel la notion renvoie, rarement défini, brille essentiellement par son aspect fourre-tout. La notion d’équipe semble surtout se caractériser par un fantasme unitaire, qui, lui seul permettrait de fonctionner. Qu’en est-il, alors, de la notion de pluridisciplinarité ?

L’équipe ne prend de relief que lorsqu’il existe une plasticité entre le groupal, le collectif, et l’individuel. Lorsqu’ils s’opposent, on est souvent dans un collectif qui ne laisse pas de place au singulier. Comment peut-on s’inscrire dans un va-et-vient entre le groupal et l’individuel, et comment cette plasticité peut avoir un effet sur la prise en charge des patients ? Le groupe-équipe n’est-il pas plus thérapeutique pour le patient, s’il a une notion de ce qu’est un groupe ? Comment on fait équipe pour le patient ?

Face à la nef des fous, il y a l’équipe, ce pourrait être une façon ironique de définir l’équipe. Les mots de la famille « équipe », selon le Grand Robert de langue française, apparaissent dans la langue au 12ème siècle. Ils dérivent de l’ancien normand skipa, de skip navire. L’origine maritime du mot n’est pas sans conséquence. On peut affirmer qu’il n’est d’équipe que pluriprofessionnelle. Sur un bateau, statuts, rôles et fonctions, sont par nature nettement différenciés. Si la vigie s’occupe du repas, si le mousse cargue les voiles dans les huniers, si le quartier maître se prend pour le capitaine, le naufrage n’est pas loin. Sur un bateau, ce n’est jamais l’équipage qui décide mais le capitaine, lui-même aux ordres de l’armateur. Pouvoir, autorité, prise de décision régulent, entre autres phénomènes, le fonctionnement de nos équipes. Il sourd toujours d'elles par tous leurs interstices davantage que décisions et directives. L'équipe toujours transpire de désirs plus ou moins muets, d'attentes déçues, d'écoutes inaperçues et de comportements que ceux pour qui elle existe savent humer. »

L’équipe ? Allons y voir ! 1, 2, 3 … Equipe !