"Occupe-toi de ce qui te regarde"

"Occupe-toi de ce qui te regarde !"

Covid oblige, la journée Serpsy dédiée au regard n'a pu se dérouler en février 2021. Nous avons donc décidé de la reporter au 4 février 2022, jour de la Sainte Véronique. En attendant, nous ne restons pas inactifs. Nous allons réaliser avec nos smartphones de petits films courts (pas plus de quatre minutes) sur le thème du regard. Ils seront déposés sur le site, sur notre page Facebook. Nous vous invitons à faire de même, à agir, réagir, commenter afin de préparer avec nous la journée du 4 février. Le premier film a été réalisé par Franck Renaud et Adéline Serez.  

D'abord l'argumentaire de la journée

« Occupe-toi de ce qui te regarde »

Entre présence et distance, que devient notre regard ?

Nous avons dû nous adapter, improviser, créer. Comme une partie de notre visage manque, nous  avons dû modifier notre façon de nous adresser aux patients, de les regarder, de les écouter. « Ne vous inquiétez pas, je vois que vos yeux sourient ». Les patients aussi se sont adaptés. Des jeux de regards inédits sont apparus. Les yeux sourient, les fronts réfléchissent. Le distanciel a succédé à ce qui est devenu le présentiel. Certaines structures de soins ambulatoires ont fermé et le lien avec les patients, les familles, s’est tissé ou maintenu au téléphone et en visio. D’autres lieux ont gardé leurs portes ouvertes, dans un mixte d’accueil en présence et de téléconsultations. Le confinement a obligé chacun à se reclure à domicile, en couple, en famille, en solitude et nul ne savait quel était le plus violent. Les institutions ont privilégié le clairement visible et prévisible à travers la protocolisation et la technicisation des pratiques. Certains de ces « dispositifs scopiques » ont eu pour effet d’évacuer toute opacité liée à la temporalité psychique et à la subjectivité. Du trop voir, aliénant et mortifère, pour un moindre regard, contenant et subjectivant ? Cette stratégie a eu un coût qui s’est traduit par des « perdus de vue », par une troisième vague psychiatrique qui s’échoue sur le manque de lits et de soignants.

Chaque soignant a dû redéfinir son positionnement clinique, son cadre et son regard, sa place et celle de sa parole. Que nous apprennent ces évolutions inévitables sur la fonction contenante du regard et sa dimension aliénante ? Le voir, l’image dans l’univers psychique, le travail de figuration en ont-ils été modifiés ? Comment le soin en psychiatrie et les mutations institutionnelles actuelles viennent remettre sur le métier la clinique du regard?

Nous vous invitons à réfléchir collectivement autour de ces questions actuelles et fondamentales pour la clinique. Un temps pour se voir, pour élaborer ensemble, pour retrouver un « regard qui fasse une peau pour [la] pensée » comme le dirait D. Anzieu. 

Regard2

On va se retrouver c’est sûr mais quand on ne sait pas. En septembre, en octobre ? En février, deux ans plus tard ? On ne sait pas, on n'est pas sûr. La petite bête et ses variantes commandent nos réunions. En attendant, on vous propose de faire des petits films de 3 à 4 minutes en nous causant du regard, le vôtre, celui qu’on pose sur vous, celui que vous posez sur le soin, les soignants, ceux qui nous administrent. Vous filmez un paysage que vous aimez bien avec votre smartphone ou l’outil de votre choix, vous parlez en même temps et vous nous l’envoyez sur la boite fridom375@gmail.com. Nous on le mettra sur le site serpsy1.com, sur la page facebook de serpsy pour qu’il fasse des petits, qu’à défaut d’échanger des poignées de main, des bises on échange des images qui bougent, des mots qui défilent, des regards sur le regard.

Un premier film réalisé par Franck Renaud et Adéline Serez

Soubresauts on Vimeo

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