Les infirmiers psychiatriques au cœur du soin

  • Par serpsy1
  • Le 01/05/2022 à 10:39
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Les infirmiers psychiatriques au cœur du soin

M. Combret, D. Friard, J-P. Lanquetin, B. Villeneuve

Editions Seli Arslan

Véronique avait fait partie d’un spectacle de rue et était allée à l’Hôpital L’eau vive, à Soisy Sur Seine, elle avait brièvement fréquenté l’Ecole des Beaux-Arts, avant de tailler la route jusqu’en Turquie. Marie était animatrice de colonie de vacances et de centre de loisirs. Serge se destinait à devenir professeur de musique. Il avait fait le conservatoire et était allé en faculté de musicologie. Il avait été saxophoniste dans la musique militaire. Maryline avait fait une première année d’histoire. Elle voulait devenir archiviste, documentaliste mais a développé une allergie à la poussière. Marc-Henri était entré aux PTT, au tri postal. Il jouait aussi aux fléchettes et est devenu champion de France de la discipline. On lui a proposé d’être démonstrateur professionnel de fléchettes électroniques. Ahmed a tâté du droit, été pompier volontaire, infirmier militaire. Éric a débuté dans un IUT en gestion et organisation de la production. Il a multiplié les petits boulots comme couper des fromages, sortir des sacs de courges d’un container, les éventrer avec un couteau et les verser dans une grille. Leurs parcours sont divers, parfois cocasses, mais tous deviendront infirmier(e)s en psychiatrie, de secteur ou non. Qu’est-ce qui les a amené(e)s au soin et plus particulièrement à la psychiatrie ? Qu’y ont-ils trouvé qui les a conduit(e)s à y rester et à y faire carrière ? C’est ce qu’ils racontent à Seli Arslan qui les interviewe dans un nouvel ouvrage : Les infirmiers psychiatriques au cœur du soin.

Celles et ceux qui étaient infirmièr(e)s de secteur psychiatrique ont vu leur diplôme supprimé, pour certain(e)s alors qu’ils venaient juste d’être diplômé(e)s, comment ont-iels réagi ? Ont-iels baissé les bras ? Ils racontent des parcours très riches qui ont amené l’une à un doctorat en soins, une autre à la formation, un autre à la psychoéducation, un autre encore à la création d’une radio, etc. Ils ne sont pas restés les deux pieds dans le même sabot. Ils racontent le soin, les rencontres avec les patients, l’évolution de la psychiatrie, sa mise en déshérence.

Certain(e)s travaillent toujours comme infirmier(e)s. Certain(e)s sont retraité(e)s, mais demeurent toujours actifs dans le champ. Ils sont devenus formateurs dans des organismes de formation, spécialisés ou non : Infipp, Grieps, ISIS, etc. Ils ont à cœur de transmettre leur savoir.

Ces huit rencontres avec des femmes et des hommes remarquables en disent probablement plus sur la psychiatrie que bien des traités théoriques ou sociologiques. Seli Arslan sait, par ses questions, leur permettre de rebondir, d’aller plus loin, de préciser leurs propos.

Quatre « théoriciens » commentent, mettent en musique, contextualisent ces parcours : Michel Combret décrit la sociologie de la profession, Benjamin Villeneuve retrace son histoire, Dominique Friard évoque un des savoirs perdus et Jean-Paul Lanquetin rassemble tous les fils et en resitue l’épistémologie.

Un livre à lire pour mieux comprendre ce qui se passe aujourd’hui en psychiatrie.

 

D. Friard

   

 
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